8. La triomphante, Teresa Cremisi

° LIVRES °

Parfois, il arrive qu’on choisisse un livre en se référant uniquement à un résumé inscrit au dos du bouquin, ou encore à un extrait du texte qui donne par avance l’impression d’une lecture qui s’annonce être du feu de Dieu! Et puis finalement, on est presque, ou totalement, loin du compte…

« La triomphante ». Déjà ce titre évoque la puissance d’une femme qu’on a hâte de découvrir, de suivre dans son histoire! L’histoire dans le fond est sympathique : une enfance en Egypte, une adolescence en Italie puis une vie adulte à Paris en France. C’est le parcours familial mais aussi professionnel, ainsi que toutes les difficultés auxquelles aura à faire face cette femme pour se forger une place solide dans la vie. Elle y raconte son aversion pour le mariage, son désir d’indépendance et de liberté.

Le point intéressant de ce roman est selon moi les belles références littéraires qu’on peut y trouver. Si vous êtes curieux et friand de littérature, l’autrice y cite pas mal d’ouvrages références qui l’ont accompagnée tout au long de son cheminement, de sa construction personnelle. Il y a également un côté féministe qui est mis en avant, et que j’ai personnellement bien aimé ; il s’agit de la manière dont l’autrice se sert de sa propre histoire pour rappeler aux femmes qu’il n’est pas nécessaire de s’écraser, de s’effacer pour plaire aux autres, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Mais au contraire, qu’il est important de s’affirmer, d’affirmer ses choix pour exister de façon authentique. Belle leçon de vie qui peut servir à toutes!

Certains passages m’ont paru intéressant à partager avec vous.

Par exemple :

« Le moment fatidique où « une petite fille devient femme », selon l’expression niaise utilisée par une de mes tantes, survint l’été de mes quatorze ans, à Antibes. J’avais été vaguement prévenue, mais cet écoulement de sang me sembla une catastrophe plus grave que je ne l’avais imaginée. Comment supporter toute la vie une telle contrainte? »

Ou encore :

« Si tu ne peux pas mener la vie que tu veux, essaie au moins de faire en sorte, autant que possible : de ne pas la gâcher dans trop de rapports mondains, dans trop d’agitation et de discours… jusqu’à en faire une étrangère importune.« 

Ou même encore :

« Le matin je louais un vélo et partais vers les phares ou le long du sentier qui surplombait les murazzi, mangeais un sandwich au jambon et aubergine, dormais sur une pierre chaude de soleil, me baignais quand j’en avais envie (en mouillant bien les cheveux, c’est une recette simple pour reprendre goût à la vie), pédalais sans hâte, m’arrêtais selon mon inspiration. »

Comme un petit goût de liberté, de carpe diem, d’hymne à la vie, ne trouvez-vous pas?

Je vous précise qu’il s’agit là d’une autobiographie, superbement écrite je trouve d’ailleurs, l’autrice ayant une très belle plume. Ce que je regrette, c’est l’absence d’intrigue. Hélas, tout est plat, linéaire, il n’y a aucun rebondissement, ce qui au fil de la lecture peut faire naître un certain ennui.

A ce propos aussi, je me pose une petite question : pour être bon, un roman doit-être nécessairement comporter une intrigue?

 

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5. My body is not yours !

WARNING – Article légèrement coup de gueule.

Je ne savais vraiment pas par où commencer la rédaction de ce billet. Mais une chose est sûre, c’est qu’il est parti d’un constat amer et décevant : la facilité qu’ont certains hommes, certains frères, certains pères, certains fils !!! … à dénigrer la femme.

Je tiens à te souligner, cher lecteur, avant que tu n’ailles plus loin, que j’ai dans ma vie des hommes merveilleux – en commençant par celui qui m’a fait voir le jour – qui respectent les femmes et savent les aimer comme elles sont. Je suis aimée par ces hommes, indépendamment de mon état physique, moral ou psychique, et non, je ne suis pas une aigrie. Je parle et donne mon avis sur un sujet qui me touche en tant que femme. J’espère que tu pourras accueillir mon message avec de la compréhension et dans la paix.

Revenons maintenant à nos moutons.
Avez-vous eu écho de l’affaire Usher ces derniers jours? Je vais supposer que oui. Vous avez aussi peut-être entendu parler de la dénommée Quantasia, 21 ans, qui a affirmé avoir eu des rapports sexuels avec la star à ses 19 ans?! Je vais également supposer que la réponse est oui, et si ce n’est pas le cas, je vous inviterai à simplement faire une petite recherche Google pour en savoir plus. Cette femme a été, par la force de l’affaire, exposée sur les réseaux sociaux aux côtés de son avocate, et les internautes s’en sont donnés à cœur joie – comme d’habitude! – dans l’expression de leurs opinions, constructives parfois mais surtout et principalement dégradantes. Jusque là, rien d’étonnant puisque c’est devenu une normalité de nos jours de voir des énormités se disperser sur les réseaux sociaux. J’aimerai avant de continuer, dire et redire tout mon amour pour les RS qui me permettent tous les jours d’apprendre de nouvelles choses, de rencontrer des personnes très intéressantes mais aussi de partager ce que j’aime. Mais lorsque je tombe sur des commentaires qui clairement réduisent une femme à trois fois rien, s’offusquant avec outrage sur le fait que Usher ait pu avoir des relations sexuelles avec « ça » – parce que « elle » c’est trop lui donner de valeur peut-être, alors on dit « ça »! – parce qu’elle est « grosse et moche », mon sang ne fait qu’un tour. Wtf?! Voilà le body shaming les amis, cette vilaine tendance à se moquer du corps et des imperfections des autres. Où trouve-t-on le courage d’écrire pareilles inepties?! Je me dis alors qu’il faudrait avoir une sacrée opinion de soi-même pour pouvoir réduire les autres à « ça ». Et ce qui est le plus affligeant, c’est que ce genre d’allusions stériles puissent venir d’hommes! Oui d’hommes! Autrement dit de frères, de maris, de pères, de fils nés de femmes qui ont eu une activité sexuelle, et non de poules, de bufflonnes ou de chiennes! … (avec tout le respect que je dois à Mère Nature et aux animaux). Que des femmes puissent s’acharner sur d’autres femmes, je pense, relève d’un autre débat qui mérite tout un site internet à lui tout seul ; nous y reviendrons à l’occasion si vous le souhaitez.

bodyshaming

Mais à ce jour, selon vous messieurs, une femme se doit-elle de répondre aux critères de « bien roulée », « bien golée » pour être comme vous le dites si bien, « b*isable »?! Je tiens à m’excuser de cette vulgarité, mais je ne saurais employer d’autres termes plus crus et plus explicites. Lorsque ces dames sont trop minces, voire maigres, elles ne méritent que des moqueries. Lorsqu’elles sont grosses, appuyez sur le bouton « Repeat » pour écouter encore et encore le même type de remarques complexantes. Et même lorsqu’elles ont un poids dit « normal », là encore, vous vous tournez vers autre chose : ses cheveux, son ventre, sa bouche, ses oreilles, ses cheveux, ses jambes arquées, ses bras poilus, ses yeux trop gros, son nez, ses seins trop petits, trop gros, etc etc etc! Votre maman est-elle Beyonce??! Si oui, tant mieux pour vous, je vous tire ma révérence et je ferme mon clapet. Mais je doute que le physique puisse être ce que vous retiendrez de l’amour et de la dévotion de la femme qui aura eu à vous mettre au monde et à souffrir dans sa chair et son âme pour que vous soyez ce que vous êtes aujourd’hui (ou ce que vous n’êtes peut-être pas!!). Je trouve cela désolant la facilité avec laquelle certaines personnes, sans aucune compassion, parviennent à se moquer ouvertement du physique des autres, et plus précisément certains hommes de femmes. Avez-vous seulement idée du malaise dont peut souffrir l’être en face de vous? Du manque de confiance?! Pire des problèmes de santé?? Est-il si important de toujours tout réduire aux détails du physique?? Détails que, heureusement, d’autres bien nés ne soulignent pas car trop occupés – Dieu merci ! – à se délecter de l’intelligence, de la générosité, de l’ouverture d’esprit de ce même être dont vous vous ridiculisez si vaillamment. Ayez des enfants, ayez des filles, faites-en des êtres parfaits selon vos codes à vous, et de grâce laissez les autres tranquilles! La méchanceté gratuite n’a jamais rendu la vue à un aveugle! Ce serait une erreur je pense de sous-estimer l’impact que peut parfois avoir les avis et opinions des hommes sur les femmes. Certaines femmes sont certes très affirmées et ne se laissent aucunement manipuler par les dires de ces messieurs. Mais d’autres, et il faut aussi le souligner, dépendamment de l’éducation ou de la société dans laquelle elles évoluent, si accrochent profondément et peuvent en souffrir au point d’avoir recours à des moyens radicaux pour répondre aux critères de beauté exigés ; je pense là bien sûr à la dépigmentation de la peau, aux régimes drastiques, au défrisage des cheveux ou parfois même au port abusif de rajouts capillaires, tout cela pour parfois plaire à une gente masculine dont les repères sont largement influencés par les images véhiculées par TRACE TV! (entre autres…). Vous direz peut-être que j’abuse, mais voilà mon opinion que je vous sers ici sur un plateau. TRACE TV (entre autres bien entendu, et sachez que j’adore TRACE TV pour toute la bonne musique dont elle nous fait grâce!) et tous ses clips « hot-hot! » où vous voyez des femmes plus que parfaites ont fait perdre la boule à certains de nos frères, de nos pères, de nos fils, qui maintenant souhaitent voire exigent que leurs consœurs soient des copies de Rihanna, de Beyonce ou de Nicki Minaj pour ne citer que les plus célébrissimes. Mais dites-moi, ai-je moi à faire à un Denzel Washington? ou un Will Smith? ou encore un Idris Elba?! Et même si c’était le cas??! LET ME BE! Care about me but LET ME BE! AND LET ME HAVE FUN! Calmons-nous. La vie, c’est ici et maintenant sur Terre, dans nos maisons, nos familles, et non sur TRACE TV (je t’aime TRACE TV!).

« Anyway », comme disent les américains, tout ça pour réitérer, une fois de plus, que la beauté, la perfection si elle existe, est ce qu’il y a de plus subjectif et de plus relatif. Laissez les femmes être, célébrer la beauté qui leur appartient, ce corps qui est LE LEUR. Une femme qui s’aime, qui s’apprécie, qui se sent bien dans sa peau, ne fera pas facilement fi des opinions désobligeantes des autres. Elle aura confiance en elle et les autres ne trouveront rien à lui redire, ou sinon hésiteront à le faire – hormis une fois de plus ces personnes méchantes qui ne savent à quoi occuper leur temps libre si ce n’est qu’à faire du mal gratuitement aux autres et en tirer un plaisir infructueux. Personne ne vous aimera mieux que vous-mêmes Mesdames! Peut-être que l’on nous aimera bien plus, sans doute, mais « mieux », je pense que nous sommes habilitées à le faire pour nous-mêmes. Charité bien ordonnée commence par soi-même! Et non, ce n’est pas du narcissisme ou du nombrilisme. Je ne vois pas ce qu’il y a de glorieux à s’apitoyer sur son sort et à attendre que quelqu’un d’autre vienne donner son aval pour développer et nourrir de l’amour pour soi. Tous devraient pouvoir le faire à un certain degré, pour se sentir vivre, se sentir bien, et pour pouvoir apprendre à aimer les autres par la suite.

Messieurs, épargnez-nous vos sornettes et soyez aimants, tout simplement. Que vous le vouliez ou non, nous faisons partie de vous, vous faites partie de nous.
Telle sera ma (pacifique) conclusion.

Peace, and Love ♥