6. Sharing is caring

Pas un jour ne passe sans que je ne me connecte aux réseaux sociaux pour voir ce qui a été partagé par mes blogueuses, mes twitteuses ou mes instagrameuses préférées. Curieuse de nature, j’ai toujours aimé aller à la rencontre des autres. Et grâce à ces nombreux échanges, j’apprends beaucoup de belles choses. Cela m’amène souvent à des réflexions diverses, par exemple sur les rapports humains, sur ma condition de femme, sur le parcours plus ou moins compliqué de certaines personnes, sur le but de notre existence, bref des questions existentielles que je pense se posent pas mal de personnes comme moi.

J’ai toujours en ma possession un nombre incalculable de carnets sur lesquels j’écris des petits mots, des petites phrases, des réflexions issus de mes discussions avec ma famille ou mes amis, ou encore de livres que je lis. Et bien souvent, l’envie me vient d’en faire des articles sur ce petit bout de toile qui est le mien, dans le simple but de partager. La plupart du temps, je me retiens de le faire… Pourquoi? Parce que je me dis simplement que ma voix risque de se perdre dans toute cette masse de blogs, d’articles, de témoignages tous plus intéressants les uns que les autres et déjà disponibles sur internet. En gros, je me dis que cela ne servirait à rien. Pourtant, je ne cache pas qu’à l’époque de Frisettes et compagnie – pour ceux qui ont connu cette belle aventure – j’adorais partager de tout en tout temps. Partager dans le but premier d’échanger, et cela a été un enrichissement personnel – humainement parlant – incroyable! J’avance aujourd’hui en me posant régulièrement la question qui suit : « A quoi bon écrire? Si c’est pour dire des choses que d’autres disent déjà? ».

Et puis j’ai rencontré hier par le plus grand des hasards, une femme absolument merveilleuse, que j’appellerai M. M. et moi nous sommes rencontrées grâce à une bonne amie que nous avons en commun. La première impression que j’ai eue de M. a été puissante. Elle m’a impressionnée. Je l’ai trouvée belle, très belle. Nous sommes allées toutes les trois dîner. Nous nous sommes échangées nos comptes Instagram, afin de découvrir nos univers « virtuels » (pas si virtuels que ça me direz-vous). Elle s’est exclamée à un moment où je m’y attendais le moins « Mais il est trop beau ton blog! ». Etonnée, je lui ai répondue « Ah bon?! Mais je n’écris plus rien, je ne m’en occupe quasiment plus, je ne sais pas si ça sert à grand chose. ». Elle m’a tout simplement dit : « Ecris, tu as sûrement des choses à dire, et il suffit d’une personne pour que ton blog ait un impact. ». Je lui ai promis d’y réfléchir. Puis, au cours de la soirée, nous en sommes toutes les trois venues à parler de sujets plus personnels, où ont été abordés des sujets sensibles, tels que la position de la jeune fille dans la société africaine, de la femme dans son couple, dans son foyer. Des échanges intimes d’une puissance assez étrange. Je suis repartie de là le cœur profondément reconnaissant envers la vie de m’avoir permis de rencontrer M. C’était écrit quelque part que nos routes se croiseraient je crois, et comme disent les anglais : « I am grateful! » Elle a réveillé mon âme. Son sourire m’a touchée. Son histoire m’a marquée. Les histoires de ces deux femmes m’ont marquée. Et surtout, elles m’ont simplement rappelé l’importance de l’humilité. Partager son histoire, ses expériences, c’est faire preuve de suffisamment d’humilité pour se dire qu’on est un parmi des milliards et qu’on n’est rien… Une histoire parmi tant d’autres, c’est ne pas avoir peur de se perdre, de se noyer dans la foule. C’est être reconnaissant pour sa vie, pour ses joies et ses peines et se dire qu’on n’a pas besoin d’être « quelqu’un » pour témoigner et partager sa petite expérience.

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Il y aura toujours quelqu’un prêt à vous recevoir, à vous prêter son oreille, à apprendre de vous. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait foule pour que votre expérience soit enrichissante! Nous sommes tous nés pour être important, d’une façon ou d’une autre, dans la vie d’une personne au moins, je crois…

Je pique l’idée à mon meilleur ami qui, lorsqu’il écrit, indique régulièrement la chanson qu’il écoute pendant qu’il rédige son billet! Aujourd’hui, j’ai donc écouté « Sunset Lover », de PETIT BISCUIT.

Prenez soin de vous!

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4. Atelier d’écriture

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Ca y est! Je l’ai fait! J’ai participé à mon tout premier atelier d’écriture. Et c’était génial! Mais laissez-moi plutôt vous raconter cette belle journée.

Tout le groupe s’est donné rendez-vous chez l’un des participants qui a bien voulu nous accueillir dans sa jolie maison à Agbodrafo, non loin du Lac Togo, sous la direction de Martine. Martine, c’est elle qui initie et anime les ateliers d’écriture depuis de nombreuses années maintenant. Elle est suissesse. Une très gentille dame, d’une simplicité étonnante et dotée un joyeux tempérament. Elle est douce et généreuse. Je l’ai tout de suite beaucoup aimée. Elle avait prévu nous faire commencer l’atelier à 9h30, mais en bon africains, nous sommes tous arrivés en retard…

10h30. Le groupe des 7 est complet. Tout le monde est là, confortablement installé autour d’une grande table au milieu du jardin, à l’ombre d’immenses bambous où s’agitent de gros oiseaux affairés à construire leurs nids ; l’atelier peut enfin commencé. Il s’agira aujourd’hui de rédiger des phrases, des paragraphes, des textes, à partir d’images, d’illustrations, de photos.

Cinq exercices nous ont été proposés tout au long de la journée : faire une présentation orale de nous-mêmes à partir d’une image choisie parmi un ensemble d’images, rédiger un texte en nous mettant dans la peau d’un photographe commentant sa propre œuvre, commenter un tableau (« La jeune fille à la perle » de Verner, œuvre datant de 1665) en adoptant le point de vue de différents observateurs (que ce soit le modèle lui-même, le peintre, l’épouse du peintre, ou même la styliste de Vlisco!), écrire une petite histoire en nous imaginant dans le paysage d’une photo que nous aurons choisie nous-mêmes, et enfin, décrire un personnage dont la photo prédécoupée nous aura été présentée.

Entre temps, nous avons eu droit à un pique-nique dans le jardin. Au menu : du poulet rôti, une salade de pâtes, du ayimolou et du poisson (riz aux haricots spécialité de chez nous), des jus frais de mandarine et de tamarin, le tout dans une belle ambiance de gazouillis d’oiseaux (ne cherchez pas, ils sont toujours dans les bambous!).

Et pour finir, nous avons eu droit à la visite de la maison de notre hôte, le plasticien Kossi Assou. Une maison pleine de sculptures faites de kaolin, d’argile, de bois et autres matériaux, et de tableaux tous aussi colorés les uns que les autres. Un régal pour les yeux, et pour l’esprit!

Au départ, j’appréhendais de passer toute une journée avec des gens dont j’ignorais totalement l’identité. De plus, je me demandais si le temps ne me paraîtrait pas trop long, car de 9h30 à 17h30, il en passe des minutes… Mais finalement, je peux dire sans hésitation que cette journée a été l’une des plus enrichissantes que j’ai eu à passer depuis un sacré moment. Se couper du monde, partager avec des gens qui en début de journée étaient de parfaits étrangers et en fin de journée deviennent de bons amis, se recentrer sur l’essentiel (les oiseaux, la générosité, la simplicité, lire et écrire) ce que nous ne faisons pas assez souvent, voilà ce que j’en retiendrai. J’ai hâte que Martine me dise sa prochaine date. J’y serai à coup sûr ! Et je l’espère toutes les autres fois aussi.

Vous pouvez retrouver la page de l’association de Martine sur Facebook : Oser écrire.